Dévoreur de pellicule monomaniaque, ce blog servira à commenter pour ceux que cela intéresse tout mes visionnages de classiques, coup de coeur et curiosités. Je vais tenter le défi de la chronique journalière histoire de justifier le titre du blog donc chaque jour nouveau film et nouveau topo plus ou moins long selon l'inspiration. Bonne lecture et plein de découvertes j'espère! Vous pouvez me contacter à justinkwedi@gmail.com, sur twitter et instagram

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mercredi 15 août 2012

Messaline - Messalina Venere imperatrice, Vittorio Cottafavi (1959)

A la mort de son neveu, le dément Caligula, Claude devient le nouvel empereur de Rome. Valérie, une jeune et belle vestale, s'éprend de Lucio Massimo, un centurion naïf. Mais elle va se laisser convaincre par un conseiller sans scrupule de délaisser cet amour pour tenter de se faire aimer de Claude. Elle y parvient et devient Messaline, impératrice cruelle et débauchée.
 
Messaline est un personnage historique ayant largement inspiré le péplum, sa luxure laissant libre court aux dérives érotiques du genre (l’inoubliable Caligula de Tinto Brass, le plus bis Caligula et Messaline de Anthony Passalia) mais en donnant aussi des interprétations flamboyantes à l’image de Susa Hayward qui l’incarna dans Les Gladiateurs de Delmer Daves. Le film de Cottafavi en donne une des visions les plus intéressantes. Aux antipodes de ses spectaculaires épisodes qu’il réalisa pour la saga d’Hercule (La Vengeance d’Hercule et Hercule à la conquête de l’Atlantide) Cottafavi livre ici un récit essentiellement intimiste où dans de longues intrigues de palais, on suit l'ascension puis le règne de la terreur de Messaline qui manipule, séduit et fait assassiner ses ennemis à tour de bras.

Belinda Lee livre une prestation flamboyante et vénéneuse en Messaline, exprimant parfaitement le pouvoir de séduction de l'impératrice et sa cruauté. Cottafavi s'en donne à cœur joie pour dépeindre ses charmes, plan de sa silhouette dénudé derrière des rideaux tout juste transparent, regard enflammé de désir, posture aguicheuse...Le moment le plus impressionnant reste cette séquence où un homme venu assassiner Messaline dans sa chambre voit sa détermination totalement annihilée par son pouvoir de séduction.

Sous ses aspects plus tapageurs l’actrice parvient à exprimer le côté plus romantique et fleur bleue de Messaline. Cottafavi dans ses entorses à l’Histoire cherche en effet à souffler le chaud et le froid sur Messaline. Impitoyable et cruelle, elle se perdra pourtant en épargnant le seul qu’elle ait jamais aimé et qu’elle avait sacrifié à son ambition sans bornes.

Malgré le côté anti spectaculaire l'intrigue est captivante, Cottafavi parvenant malgré les libertés historiques à dépeindre quelques aspects intéressant comme les manœuvres politiques voyant tour à tour le sénat fermer les yeux puis s'opposer aux agissements scandaleux de Messaline. On retrouve le fond d’un certain idéal de l’Empire Romain véhiculé par de nombreux péplums la déchéance de Rome est inévitable tant que le pouvoir est entre les mains d'un seul homme, l'empereur. Il peut être faible et jouet de son épouse comme ici Claude, fou comme Caligula ou mégalomane comme ce que l’on supposera être la cause de l’assassinat de Jules César.

La conclusion offre propose néanmoins une efficace bataille et un final tragique à souhait pour Messaline, tiraillé tout du long entre soif de pouvoir et son vrai amour pour Lucius Maximus. Sans être aussi mémorable que ses Hercule, l’ensemble est très élégamment filmé par Cottafavi dans cette production plutôt nantie aux décors soignés. Le seul problème concerne les coupes qui se ressentent dans certaines transition abruptes, sans doute dues à la censure car n’intervenant que dans les passages plus sensuels. Cela explique aussi la courte durée (1h20 à peine) pour une intrigue très dense.
Sorti en dvd zone 2 français chez Studio Canal

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